Travaux d'écriture...
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17 02 2026 Confiture de mots (mots imposés en gras)

Une magnifique voiture rose décapotable, surgit d’un trou percé dans le mur, au fond de l’immense vitrine du magasin Joué Club… In-cro-yable ! j’arrête mes pas, fasciné par ce spectacle inimaginable  ! Au volant un joli lapin blanc salue, agitant une patte d’un mouvement élégant.

Bloqué par ce dernier, un camion de pompiers Lego attire les regards des badauds. Une poupée de jeune pompier est au volant. « Pin-pon » sans fin car bloqué par le lapin... Ce n’est pas cette prétentieuse voiture qui va lui faire diminuer son allure. « Tu vas dégager Jannot lapin ? Au lieu de faire le malin ? on ne va pas rester ici jusqu’à demain ! » L’alerte incendie a dû être impérative, pressé il n’a même pas clipsées ses deux briques en forme de bottes. A travers le toit ouvrant on aperçoit qu’en plus, il ne porte qu’une minuscule chaussette orpheline. Nul doute que sa jumelle doit traîner au fond de la boîte cartonnée qui contenait le gros jouet. Son couvercle arraché elle git en plein milieu du magasin dans lequel semble régner le plus grand laisser-aller.

 On aperçoit même une boîte de riz au lait plastifié sans doute ex petit déjeuner de pompier renversée elle aussi sur le plancher. Pourtant le valeureux soldat du feu va avoir besoin de se dépenser. Sa pile Duracel semble faiblarde. Ses mouvements deviennent plus lents… A la suite de cette parade totalement folle c’est une jolie carriole tirée par un charmant poney lui aussi électrifié. Elle transporte un groupe de poupées Barbies éthérées. Oooooooh ! font les dames de Saint-Médard ! Une de ces beautés est allongée, ses longs cheveux étalés, la tête posée élégamment sur un oreiller artistiquement décoré. Elle doit rêver à son éternel copain le séduisant Ken. Va-t-elle le rejoindre sur une plage remplie de GI Joe bodybuildés ? La foule s’agglutine de plus en plus, les hoooo ! et haaaa ! se multiplient.

L’une des dames, un peu frénétique franchit la double porte automatique et pénètre dans la boutique.

— Messieurs dames, mais que se passe-t-il ! C’est la folie ! On n’y comprend rien tout ça c’est maléfique ! Y-a-t-il quelqu’un qui nous explique ?

Un jeune cadre dans le vent, donc habillé élégamment lui répond tout aussi abruptement.

— Ah c’est bien ça les clients, surtout les clientes d’ailleurs… Je m’échine à trouver des animations originales et bien non ça sert à que dale. Avez-vous vu une telle décoration de vitrine au Leclerc de Saint-Médard ou ailleurs ? Non bien sûr… Et bien vous cherchez la petite bête :  le magasin est mal rangé gna gna gna on aurait dû changer la pile du Lego gna gna gna les poupées sont ensorcelées gna gna gna. Vous savez quoi je vais quitter cet enfer aussi vrai que je me nomme Lucifer. Au Haillan une fabrique de santons vient d’ouvrir. Je vais postuler, un travail religieux pour m’amuser, et et et…pouvoir taquiner. J’ai vu leurs santons, hé hé hé un petit coup de main et eux aussi vont devenir humains ce n’est pas pour rien qu’on me surnomme le malin !


26-03-2026 « Calme-toi Odette, calme-toi » (en début et fin du texte)

Evoquer les personnes chères disparues n’est-ce pas un peu les faire revivre ?

« Calme-toi Odette, calme-toi »… nous pensions tous cela sans oser le lui dire… Comme moi, regardant mamie se préparer à aller au marché de Bergerac… Il faut dire que ce qu’il faut nommer une expédition n’était pas anodin. C’était du très sérieux. Ma grand-mère Odette je l’aimais bien et je n’étais pas le seul. De petite taille, vêtements sombres, un peu courbée, de beaux et grands yeux bleus, qu’elle écarquillait pour marquer ses émotions, ses cheveux blancs restent gravés dans mes souvenirs. Souriante certes mais toujours un peu fébrile, à l’image de sa vie qui, comme pour beaucoup de sa génération, fut loin d’être facile. Ce samedi-là elle portait le poids moral d’une mission de première importance… Mon père, connaissant et respectant ses connaissances dans ce domaine, lui avait confié l’écrasante responsabilité d’aller acheter au marché plusieurs canards en prévision des fêtes familiales de fin d’année.

Il faut également décrire son équipement qui, même pour l’époque, était quand même passablement rétro. Mamie utilisait un chariot à provision certes, mais d’un modèle pour le moins démodé, même pour les années soixante. Il faut imaginer un long parallélipipède d’osier tressé posé sur quatre petites roues métalliques. Le couvercle se fixait grâce à deux sortes de verrous en bois glissant dans des fentes percées dans  l’osier… L’engin était mu via une barre chromée du genre de celle des landaus enfantins.

Donc ce samedi, dès potron-minet mamie, petit manteau sombre, fichu assorti, entrechoque brutalement les roues de son véhicule accompagnateur sur les marches de l’escalier de la vieille maison rue des Coulmiers. Direction le marché à quelques centaines de mètres et pas question de lambiner. Elle pousse vaillamment le rustique charretou et, à petites enjambées déterminées direction le centre ville. En fait moins d’une heure plus tard nous la voyons réapparaître toujours avec le même train d’enfer. Il s’agissait seulement d’un vol de reconnaissance, en rase mottes ou plutôt rase étals. Ces derniers étaient scrutés d’un regard acéré. Elle a ainsi patrouillé autour de la cathédrale... Etude méthodique de palmipèdes hélas impitoyablement occis, notation des prix et descriptif du lieu de vente au crayon à papier sur un carnet écorné.

Mamie revient donc à vide l’air dubitatif. En milieu de matinée elle va repartir de nouveau faire son circuit, étude de l’évolution des cours, repérage éventuel de nouveaux arrivages, les pages du carnet continuent à se remplir. Elle sait qu’en toute fin de matinée, les paysans ne veulent pas rentrer dans leur ferme sans liquidités, un bonus pour marchander…

Midi rue des Coulmiers, le dénouement approche. Mamie se tourne vers-moi : « Serge au lieu de lire tes illustrés tu vas venir avec moi je risque être chargée, j’ai besoin de toi. » Cette fois c’est moi qui pousse l’engin un peu gêné en espérant qu’aucun copain ne me voit… La conclusion est imminente mine de rien elle a un étal dans son collimateur. Comme par hasard elle s’y arrête enfin. L’air un peu dégoûté face à la vendeuse elle observe les canards pourtant repérés depuis longtemps. S’ensuit un marchandage qui mériterait un long descriptif. In fine paiement en comptant méticuleusement la monnaie. Elle me fait un petit clin d’œil, j’ai compris, elle est contente de son achat. Retour encore plus nerveux trottinant derrière mamie Odette j’ai tout de même de la peine à pousser la lourde charge. Attention Serge, c’est pas le moment de tout ficher par terre ! Chere mamie, toujours en 180 volts, tu étais ainsi et je t’aimais beaucoup… Ultime cavalcade dans mes souvenirs « Calme-toi Odette, calme-toi »…



12 mai 2026 Texte autour de "Valérie" hommage...

Ce lundi, c’est entendu, Valérie écrit

Travail studieux de la lecture du mardi

Le lendemain en quelques mots elle lit

Puis mercredi comme souvent elle sourit

Elle le sait ça la rend encore plus jolie

Car Valérie concocte son nouvel écrit

Le lendemain jeudi cela devrait être fini

Le marché dans son coin c’est vendredi

Zut il faut y aller le frigo doit être rempli

Samedi le shopping… ça ne fait pas un pli

Dimanche, relax je la laisse vivre sa vie.


26-05-20 / Première fois

Ce soir là il n’est pas faraud. Impossible d’avouer à Diane que pour lui c’est la première fois, absolument im-po-ssible… Sa mentalité de petit gommeux le lui interdit formellement. En marchant sur l’interminable front de mer il éprouve la joie d’avancer vers un inconnu tant fantasmé mais aussi la crainte de ne pas assurer… Il finit par bifurquer vers Saint-Georges-de-Didonne, déchiffre les noms de rues sur les plaques, « ouais, ouais c’est bien celle-là »… Un peu plus loin une maison un peu délabrée… « leurs colonies de vacances paroissiales ne se ruinent pas pour loger les personnels »… Troisième fenêtre gauche, premier étage, une fenêtre ouverte… oui elle est là qui l’attend, de beaux cheveux bruns bouclés flottent au vent. Gestes impératifs de la main signifiant « c’est bon tu peux venir, je t’attends »… Bon… bon… bon…bon… c’est le moment… en plus en ralliant la chambrette il faut éviter de rencontrer qui que ce soit car cela jaserait grave dans la colonie de vacances Saint-Vincent-de-Paul… Flamme de briquet tremblotante, (chuchotement) « ouais voici l’escalier… oups… attention aux marches grinçantes… » il progresse et une fois arrivé sur le premier pallier accélère vers la porte de la chambre convoitée… comme il se doit complicement entrebaillée...

Comme un très jeune le dira impitoyablement Diane est une… « vieille de 30 ans », donc c’est certain elle s’y connaît bien plus que lui… En tout cas ils sont partis pour la nuit… D’un accord tacite la suite se passera dans l’obscurité… donc désolé mais cela sera tant pis pour vous (ou tant mieux). Maladresse et frénésie se conjugueront… Pourtant cela va se terminer harmonieusement… Satisfaction réciproque… apparemment… sur ces questions mmmh… complexes l’humilité s’impose… Cependant Diane lui avait exprimé soudainement son ressenti… Simultanément un appel un peu inquiet troua la nuit, venant semble-t-il d’une chambre voisine… « ça va Diane ? » « Euh… oui oui mademoiselle Trochu tout va bien »… Ouf ! du coup ils ont eu encore plus chaud.

Bien plus tard notre héros se retrouve de nouveau seul sur le front de mer. Tout en marchant fier comme Artaban il fredonne « nuits d’été » de Marianne Faithfull pour un public complice de vagues déferlantes. Ça y est… ça lui est arrivé… avec ses copains il n’aura plus besoin d’inventer… quoique… c’est toujours tentant d’enjoliver. Il lui faut encore traverser Royan endormi mais pris par ses pensées il s’en rend à peine compte. Demain sera un autre jour, mais restera-t-il toujours le même après ces quelques heures volées au plus profond d’une nuit d’été ?


26-05-27 Il ne faut pas…

... lasser ton auditoire… Ne pas lasser les autres pour ne pas être lassé de toi-même… Un texte à lire le lendemain… mérite d’être méticuleusement pris en main c’est irrémédiablement certain…Certes Gontran a terminé, mais en se relisant… oui il s’est fait plaisir mais ses écrivaillages vont-ils correspondre aux centres d’intérêt de ses auditeurs et donc les accrocher ? Ils sont bienveillants certes mais peuvent aussi être distraits, voire déçus et surtout logiquement ne pas comprendre le sens bien trop personnel de son galimatias. A ce stade un proverbe s’impose : « Ton texte trop obscur tu supprimeras ».

Au-delà de la banalité égocentrique il veut avoir le sentiment d’exister, besoin de l’amour de ses contemporains, en rêvant de les toucher, cajoler, amuser, titiller. Provoquer l’infime lueur d’intérêt même loin du pourtant éphémère quart d’heure de gloire cher à Andy W…

Déjà abandonner cet abus d’usage du « je », l’inamovible première personne. Le confortable « Il » c’est un autre… soi-même mais hélas que l’on peut transformer, masquer, enjoliver. Donc finalement il peut jouer le rôle d’un leurre. En effet dans ce cas ne s’agit-il pas d’évoquer celui que l’on n’est pas et souhaiterait être en supposant qu’il plaira davantage ? Mouais… Gontran retomberait au point de départ en s’avouant être lassé de lui même…

Tout cela ne vas pas terminer sa nouvelle page encore partiellement blanche … Ou alors taper en touche en balancant des vannes rappelant Francis Blanche ? Drucker vieux père spirituel éternelle vieille branche, si tu nous écoutes, aide-le, même si c’est aujourd’hui dimanche. Pour quelques lignes cela fait trop longtemps qu’il planche. Comment va-t-il finalement conclure cette ultime manche ?

Pressé par l’heure du Berger anisé, accompagné de deux glaçons, à l’image de ces derniers il va se jeter à l’eau. Ecrire ceci ou cela gna gna gna cela va-il plaire gna gna gna ? Tout refaire à nouveau c’est toujours le plaisir d’écrire alors… pourquoi-pas ? Ultime citation-conseil, porteuse de décision en tout cas d’action :

si tu veux avancer sans trop trébucher ni trop lambiner…

il ne faut pas… trop te prendre la tête !



26-05-27 Aujourd’hui, pas demain


Vietnam, années cinquante, l’explorateur invertébré Indiana Jones marche au milieu de la foule saigonnaise, habituelle dans toute grande ville asiatique qui se respecte. Improbables engins à traction animale, véhicules motorisés pétaradants, innombrables vélos se croisent, se doublent, le tout dans un bruit de ruche bourdonnante. Il a décidé de régler le problème administratif qui le turlupine depuis trop de temps et, comme il dit aujourd’hui pas demain…
Notre héros, comme toujours en quête de ruines archéologiques, met sur pied sa prochaine expédition qui va le conduire vers les confins du Laos, en pays Mong, rechercher une mystérieuse ville disparue. Sa localisation est évoquée sur un grimoire précieusement rangé dans la belle serviette en cuir qu’il tient fermement sous son bras. Il lui manque l’indispensable visa lui permettant avec sa troupe de franchir la frontière... Il est irrité par l’inaction de l’administration locale et décidé d’aller faire bouger les choses de très vive voix. Il est accompagné par son ami et guide vietnamien Tran Nguyen qui va jouer l’interprète mais surtout le négociateur vu les connaissances profondes qu’il a de son pays, son histoire, et même son administration…
Les deux hommes marchent d’un bon pas. Indiana est protégé du soleil ardent par son élégant chapeau artistement incliné sur le côté. Il n’a tout de même pas glissé son habituel fouet de cuir tressé à sa ceinture, sa présence pourrait faire jaser… Ils approchent de la rivière Ben Cat, traversée par un des deux cents ponts de la grande cité. Construction française de type Eiffel, le pont Thieu est un ouvrage important qu’ils commencent à emprunter.
En dessous d’eux, l’explorateur ne peut s’empêcher d’observer la nuée de sampans qui se croisent tout au long de la rivière. Soudain son regard d’aigle se fixe sur un point particulier. Il découvre une tête qui dépasse de l’eau, un homme est apparemment en train de se noyer et fait de grands gestes désespérés.
Des sampans le dépassent apparemment sans se soucier de lui, l’un d’entre eux dévie même sa route pour l’éviter sans avoir à s’arrêter. Indiana interpelle Tran :
— Comment est-ce possible, décidément quel pays, ils vont laisser ce pauvre bougre se noyer sans rien faire ?
— Mon cher ami vous devriez savoir que le Vietnam est en guerre, tout le monde est débordé. La priorité est d’assurer le ravitaillement, c’est un devoir national. Ces marins ont une lourde tâche donc responsabilité à accomplir rapidement. Je les comprends tout à fait. Tout de même ! il ne faut pas prendre les sampans du pont Thieu pour des canots de sauvetage !

26-02-24
Thème : « à quel moment ça a dérapé ? »
"Les choses de la vie"

Vélo boulot dodo tel était mon crédo en ces temps maintenant pour moi immémoriaux… Matin et soir depuis le Haillan jusqu’à Bordeaux, cours Aristide-Briand, tout était planifié, bien organisé. Mon pijot demi-course sur cette trajectoire bitumée à l’image de mon existence était comme sur des rails. En ces heures de cahos routier c’était moi qui dépassait les autos. Ainsi allait ma vie, quelques dizaines de minutes de vélo avant de retrouver mon bureau, enfin bien au chaud. Sécurité de l’emploi, bonne santé, travail vraiment fait pour moi…

Ce lundi matin à quel moment ça a dérapé ? Circulation fluide donc vitesse plus élevée, j’aurais sans doute dû me méfier. Je venais de doubler plusieurs voitures avançant moins vite que moi, j’avais de l’entraînement malgré mon harnachement… Je me rabats, roule seul sur quelques dizaines de mètres et là un soudain ralentissement… Un choc arrière me surprend bien entendu très violemment. A l’image du film « Les choses de la vie » curieusement la scène se déroule maintenant au ralenti… Décollage tout d’abord en avant, éjecté de mon vélo, lente cabriole vers le ciel, j’ai même l’occasion d’entrevoir le soleil, éclair bleu azur avant de redescendre cogner la planète et ses tourments. Bon c’est peut-être maintenant que tout va se jouer. Mon existence va-t-elle changer voire s’arrêter ? Comme un film rétrospectif qui s’emballe impression de voir défiler une suite fébrile de souvenirs, événements, visages aimés…C’est le moment… maintenant le goudron noir
devant mon visage préfigure un violentissime atterrissage. Mystère des reflexes j’exécute un splendide roulé-boulé, tel qu’on me l’avait enseigné à l’armée, le plus réussi jamais réalisé. Mon dos cogne fortement le sol, ma tête au lieu de claquer violemment échappe à ce tourment presque élégamment. Je me retrouve allongé tout de même assez hébété… Les mains ? OK Quelques mouvements…… ça à l’air de fonctionner, les jambes OK….le dos…..hmmmm ca va aller. En me relevant, face à moi l’avant tout cabossé de l’engin qui m’a « ragagnassé »… Le conducteur nerveux entre deux « ça va, vous n’avez rien » « ça va, vous n’avez rien » me fait face… Du menton je désigne l’avant de sa Renault 5 : « C’est moi ?... J’ai fait ça? » Il opine tristement. Nous réalisons à quel point tout de même cela a tapé violemment… J’essaie de comprendre pourquoi je n’ai rien, même pas mal… Je me retourne et alors découvre de l’autre côté le méli-mélo de tubes tordus de mon pauvre vélo. Ce n’est que de la petite mécanique certes mais elle a vaillamment fait levier, bloqué la Renault et évité de gros bobos… Discussion avec quelques témoins affables, préambule du constat amiable. Mon « heurteur » au lieu de reculer son auto, comme dans le film de Sautet, replie en douce la grande carte de Bordeaux déployée sur sa place passager…… Explication trop révélatrice du pourquoi il n’a pu m’éviter..

Ce fut ainsi, ce n’était pas mon jour…quoique…

Réflexion récurrente sur notre destin qui, ainsi, à tout moment peut déraper. Mon vélo qui m’a protégé, les bienfaits de l’armée dont jusque-là je faisais plus que douter, se sont associés pour que le film de ma vie puisse perdurer….. contrairement au scénario du si bien nommé Claude Sauté… auquel j’ai bien pensé avant de m’envoler…



26-03-03 vous n'aurez qu'à dire que vous venez de ma part !

Mots imposés joie, pétunia, wagon, lagon, espoir, amitié, soleil, audace

Ah le bon vieux piston compensant le manque d’audace ! J’ai l’espoir d’être embauché dans l’imprimerie « Soleil graphique » à Bordeaux… « Vous n’aurez qu’à dire que vous venez de ma part » c’est que m’avait conseillé un copain de mon père, qui exportait des wagons de bouteilles de vin. Ses millions d’imprimés en faisaient un client apprécié… Une amitié paternelle précieuse, car porteuse d’espoir.

Ce matin-là je chemine rue de la Gueille de bonde. Le grand bâtiment un peu bas, égayé par un massif de pétunias me fait soudain face. C’est là que mon avenir va peut-être se mettre en place.

Après une courte attente dans un bureau surmonté par un tableau représentant un lagon bleu je suis reçu par une jeune dirigeante à ma grande surprise très séduisante. Elle est assise derrière un joli bureau dont le fond est opportunément ajouré. Du coup je dois faire un effort pour éviter que mon regard ne flambe vers deux belles jambes. Elle me lance un beau sourire en m’invitant à m’asseoir. La jeune DRH étudie mon cv tendu par une main un peu tremblante. Elle semble amusée par mon trouble.

— Mmmh monsieur euh… ah oui… monsieur Gontran Gutenberg. Un nom à consonance allemande non ? Vu son essor lors de la dernière guerre mondiale notre entreprise n’a rien contre l’Allemagne… bien au contraire… Bon… euh… votre vécu professionnel semble correspondre à nos besoins… Vu votre expérience nous n’aurons pas besoin de vous prendre en main… quoique…. Vous vous doutez que nous ne recherchons surtout pas un de ces lézards graphiques et ce n’est pas un jeu de mots, qui polluent notre profession.

— Madame je peux vous offrir bien plus que vous pensez, bredouillais-je en lorgnant son décolleté … Ce travail pour moi c’est vraiment une passion, en plus de ma créativité… je suis très habile de mes mains… Le regard de mon interlocutrice passe de l’ironie à quelque chose d’assez troublant, limite perturbant.

— Bon, je vous appelle Gontran ? Vous voulez bien ? Je pense que nous allons avoir besoin de vos services dit-elle croisant les jambes un peu plus haut… Je me répète mais dans l’imprimerie en ce moment, avec la limitation des exportations à cause de ce maudit Ronald Crump ce n’est pas vraiment la joie. Si je vous embauche j’attends de vous d’être très performant… voire entreprenant... Une période d’essai vous attend j’espère que vous me satisferez euh enfin surtout nous…  et je vous souhaite donc la bienvenue dans la société Soleil graphique.

Passées les formalités restantes que je préfère ne pas trop expliciter… je quitte mon interlocutrice du soleil plein les yeux mais… assez fatigué.

Le soir je me rends bien entendu chez l’ami de mon père pour le remercier même si je n’ai pas eu besoin d’utiliser son soutien.

— Ah Gontran, votre rendez-vous c’était aujourd’hui ? Je suis vraiment désolé mais je n’ai pas encore contacté Soleil graphique... Mais finalement j’ai appris que vous vous êtes introduit assez efficacement.

— Monsieur Berlon-gathé je vous remercie tout de même car l’idée de votre soutien m’a rendu très fort pour ce qui fut tout de même une épreuve. Même en me présentant j’ai dû déjà être très très performant.


17 03 2026 : acrostiche avec son prénom + rimes parlant de soi

Si j’osais, j’écrirais, j’essaierai d’intéresser à défaut, au moins d’amuser

Et surtout je m’aventurerais vers des univers prétendument décalés

Raturages évolutifs, écoute ping-pong, opportun concept pour avancer

Gaussons-nous ensemble des griffes émoussées du cyber chat Gépété

Expression synchronisée, depuis la Sablière osons tous nous envoler

Gardons raison et écoutons tous un incontournable message,

Oublions nos soucis, merci Lolita pour ton subtil massage,

Ne rions pas, il s’agit de santé, la Sécu devrait rembourser,

Tout bien pesé une fois bien en main elle vous fera vibrer

Rejetez vos remarques déplacées, il vous faut enfin évoluer

Acceptez le laisser faire, de votre corps Lolita peaufine l’usage

N’oubliez surtout pas quelque billet à glisser dans son corsage

Selon son humeur faire au moins de l’humour

Ecouter le bruit du silence, écrire sur du velours

Rechercher soudain des ciseaux pour faire plus court

Gérer enfin ses pulsions pour ne pas être trop lourd

Etre soi-même ça craint, que faire ?  help au secours !

Solitaire c’est un plaisir… mais est-ce vraiment mon délire ?

Exister au travers de regards… ne doit rien laisser au hasard

Rire voire juste sourire…cela peut finir par étourdir

Gageons que j’ai raison… c’est bien plus gai qu’une oraison

Et pour les histoire de lit… pas besoin d’être érudit

Sergio le mégalo qui veut souvent jouer au rigolo

Etre ou ne pas être, oui ou non ouvrir cette fenêtre

Rage contenue, ne plus faire de bévue, un peu de tenue

Gargarisme de situations exacerbées ça risque de dérouter

Envoie leur du lourd sans retour et surtout sans détour

(chansons détournées)

Si t’as été à Tahiti t’as pas pu y aller en bateau

Ecoute dans le vent écoute la réponse tirée au cordeau

Reviens je t’aime tu ne peux pas me laisser au bord de l’eau

Gaby oh Gaby un footing au milieu des algues et des coreaux

Emmene-moi jusqu’au bout de la terre illico presto


26-05-22 / Le Verdon ? (d’après une belle photo)

Notre mer estuarienne est omnipotente, omniprésente, omnisciente car ayant le dernier mot, omnipolaire tous azimuths mais surtout omnicolore. Elle va en effet du rare bleu au vert voire au jaune sablonneux. Pour nous faire râler elle est en tout cas irrespectueusement accusée de raclage, laminage et donc rabotage côtier. Nous sommes nombreux à tout lui pardonner, à l’image d’une personne familière avec laquelle nous ne voulons ni ne pouvons nous opposer. Elle est trop belle donc parfois contrariante, comme toute amante aguichante…

De plus elle dispose de quelques complices… au niveau zéro, ce sable volage qui se laisse manipuler, déplacer, éparpiller par le vent, autre grand chahuteur. Ce dernier parfois agréable voire complice mais hélas trop souvent qui n’en fait qu’à sa tête… Au niveau le plus haut il y a notre ciel… passant trop souvent du bleu éclatant au gris foncé, vecteur parfois cruel de tempêtes et autres calamités.

Chaque été la trace des méfaits précédemment évoqués est de plus en plus visible. Pourtant le paysage reste irrémédiablement beau. A croire qu’il le fait exprès pour que l’on puisse réaliser d’aussi belles photos. La mer, toujours elle, daigne ironiquement laisser quelques indices, parfois infimes, permettant d’entrouvrir la boîte aux souvenirs. Ainsi deux rails rouillés, émergeant du sable. Ils matérialisent ici ou là le positionnement de plages disparues malgré une antique grue sur rails. Laborieusement, incessamment donc onéreusement, pour certains démagogiquement et inutilement, elle posait de gros blocs de pierre face aux flots aux appétits gargantuesques.

Nous batifolions inconsciemment sur le rivage dédaignant ce duel entre l’homme, sa grosse machine et les flots… Il se déroulait pourtant sous nos yeux. Adieu plages englouties, théâtres éphémères de tant de bons moments au creux d’un été… Notre présence, elle, n’existe plus que dans nos souvenirs, plus la moindre trace. Pourtant nous nous installions toujours à la même place. Nous avions traversé l’estuaire venant pile d’en face.

— Ouf… Quelle chaleur ! Oh… coquine Lolita…     tu as presque tout enlevé, attention au soleil… Il commence à être tard, pensons à regarder l’heure, surtout n’oublions pas le dernier bac pour Royan… Encore un petit moment, il nous reste un peu de temps…


26-06-03 Et hop, c’est parti !..

…Les monstres cyber-mécaniques sont là, face à nous, ils trônent au milieu du parc de loisirs attendant leur heure… En tout cas moi, si je fais la queue depuis une demi-heure devant eux c’est pour ne pas perdre la face devant les djeuns… Si je pouvais c’est certain je passerais au large. Des robots industriels utilisés normalement dans les usines automobiles vont nous désarticuler, pitoyables sacrifices humains auxquels j’aurais pu échapper. Trop tard nous arrivons face à notre destin. Les engins tourmenteurs nous dominent déjà. Formes biscornues, pistons et articulations sophistiqués conçus pour faire le mal, lourds bras métalliques prêts à nous ragagnasser… Quatre sièges par machine de… 9 mètres de haut. Il paraît que l’on peut choisir le rythme sur lequel on va comme il disent « danser » moi je dirais « passer à la centrifugeuse »… On nous propose une intensité dite « pour les enfants », et une autre « rapide » rythmée par la musique d’un DJ frénétique.  Imaginez quel rythme mes voisins ont choisi en me demandant « Tonton Gontran ça va pour toi aussi ? » « Euh… oui oui bien sûr, comme ça on va en profiter au maximum »…

Nous nous nous asseyons dans un des biglotrons. Est-ce que les barres de sécurité sont solides ? Pas certain… ça à l’air bien léger tout ça… Espérons que la commission de contrôle est venue vérifier tout ce bazar… Bzzz, gromble gromble clang clang ça y est « Eh hop c’est parti ». En haut, en bas, à l’endroit, à l’envers, impossible de retenir un interminable hurlement de désespoir. Le mixer diabolique est devenu mon maître, je suis sa chose pantelante, gémissante son esclave, paquet malmené étroitement sanglé… Cette impression d’écrasement contre les murs, voire le plafond ou le sol comment la restituer ? L’estomac joue au yoyo, les ongles s’incrustent dans le coussin et ces abrutis de voyeurs là-bas qui prennent leur pied en se moquant de vous !

« Clang » ! enfin cela semble terminé, le monstre entrouvre ses serres, vite je me libère… Rapidement retrouver sa dignité, essayer de sortir autrement qu’à quatre pattes tel le gendarme De Funès sortant de la 2 cv de sœur Clotilde. Réapprendre à marcher… In extremis j’arbore finalement une démarche presque normale, quand même limite claudicante, et un sourire crispé. La vie normale reprend son cours, mon corps semble re-fonctionner à peu près normalement. L’univers est de nouveau d’équerre, le sol et le ciel à leur place. Enfin c’est fini ! Je me suis vite faufilé hors du lieu maudit. Ultime fauxculisme je me mets alors à déclamer bien fort : « Dommage qu’il y ait tant de monde il faudrait refaire la queue sinon j’aurais bien aimé faire un autre tour »…



29-06-22 / Délicieux...

Tu fais le beau bien que relégué dans un coin du bureau. En vain j'essaie de t'ignorer. Dans la pénombre tu attends patiemment ton heure. Maintenant tu me dragues insolemment de ton regard envoûtant...

J'essaie de me concentrer sur mon clavier. Pianotement pour montrer qu'il n'y a pas que toi. La chaleur caniculaire prend son erre malgré les volets presque fermés. Bon... un peu de musique pour se réveiller.

… J'extrais d’une de mes étagères « Exile in Main street » des Rolling Stones, le son rock des années soixante-dix. Il comporte un titre en lien avec mon actualité, même si ses paroles, elles, ne sont pas vraiment raccord avec l'instant présent. Ça y est je l’ai trouvé… il est sur la face B… je positionne la pointe de lecture : Clic crac crac… Un bon blues-rock British emplit la pièce de ses sonorités kitsch.

En attendant tu as gagné, impossible de me retenir plus longtemps. Subrepticement ma main va se poser sur toi amoureusement… Je sens ton souffle... d é l i c i e u x...c’est vraiment délicieux ! Que c'est bon... mmh... frisson préliminaire, pourquoi avoir attendu si longtemps pour le faire... Donc en fond sonore "Ventilator blues", un truc des Stones. Le mien de « ventilator » suite à son allumage ventile vaillamment le bureau. Avec la musique se constitue un opportun duo stéréo entre sono et ventilo finalement allumé subito. En prime la voix d’un chanteur que certains pensent issu droit de l’enfer Mike geyzer… il ne peut qu’être encore plus rafraîchissant avec un tel nom.

Certains me diront, en lisant ces lignes, "Gontran tu ne manques pas d'air". Pourtant, avec cette saloperie de réchauffement, de plus en plus fréquemment, comme beaucoup de gens j'en manque cruellement.

Vite ! prestissimo ! respirons ! délicieux ventilo, tu es le plus beau, il n'y a pas photo, je souscris a ton électro-crédo, même s’il est anti-écolo…