Travaux d'écriture...
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16-09-2025; 9 h 30
1/2 Thème libre
Le Haillan, le 16 août 2025
Je vais débuter par des onomatopées… (mimant l’écriture) « Scritch scritch scritch »… J’ECRIS…
les mots viennent en cet instant je ne sais pourquoi mais j’aime ce moment ;
La fin de l’été, bruits d’enfants dans la rue, bientôt la rentrée, ils sont un peu énervés, temps lourd… prémonitoirement orageux…
J’ECRIS… autos qui glissent derrière ma haie, défoulement du goudron lisse, leviers de vitesse complices, curieux appendices, opportuns artifices ;
Ciel sombre entrevu au dessus des fusains, résidus de sables dits africains, de feux de forêts lointains, il faut se contenter de cet improbable écrin ;
J’ECRIS… le temps s’égrène rythmé par de nouvelles syllabes, idées souvent arachnéennes, qu’hélas rien ne freine car produites à la chaîne ;
Plus d’avions dans les cieux, vont-ils revenir de leurs voyages capiteux ? vers des horizons voluptueux ? souvent hélas hantés par trop de nécessiteux ? ;
J’ECRIS… donc je vis, du moins je crois, je ne crois d’ailleurs que ce que je vois, tel ce texte qui se déploie, s’étend, se répand, ne trouvez-vous pas cela stimulant ?
Sur mon cahier mes écrits plumitifs sèchent avec irrévocabilité, merveilleuse complicité de l’encre et du papier, accord parfait. Aucune tache noire n’apparaît pouvant me contrarier, louons cette bénéfique capillarité…
J’ECRIS… aussi via cette toile web incertaine sans doute trop béotienne couverte de forums « étasuniens ». Contradiction fatale avec l’univers de certains, imaginé tel un album de Tintin, ou les aventures de Rusty et Rintintin…
Le jour s’assombrit, à l’image de notre futur immédiat, entre chien et loup tout plus doux, vers un voyage aux tréfonds de l’âme, éternel jeu de drames, surtout pour un simple quidam…
J’ECRIS… tel Saint-Exupéry, mon vol de nuit va heureusement nécessiter un répit, prosaïquement lié à l’appétit, ou ou à notre grand lit… bonne nuit les petits !
Cela aurait pu durer jusqu’à jusqu’à la Saint-Glinglin, si la vie ne me reprenait en main en me faisant opportunément remettre la suite au lendemain…
16-09-2025; 9 h 30
2/2 Thème libre
Vers libres et verlan
Comme une sorte de chant…
Chelou pour le récitant
Lesga et son cervolant
Reup de rimes en « an »(père)
Lanver impudemment
Droilan insolemment
Zarbi aboutissement
Vers libres et Verlan
Comme un patchwork dissonant
Nawak assurément (n’importe quoi)
Très Teubé bien évidemment
Vainsecrits je vous aime pourtant
Asmeuk intégralement (comme ça)
Losty activé inconsidérément
Laisses béton avant l’abrutissement
09-2025 Mots imposés… Ascenseur, Sèche-cheveux, Danseuse étoile, Balançoire, Tortue, Sel, Téléphone déchargé, Soleil… et début de phrase lui aussi « suggéré »…
Est-ce que je peux vous embrasser ? Deux beaux yeux marron m’ont attiré, aspiré, subjugué, magnétisé, capturé… « Je sais madame, nous sommes seuls dans un ascenseur, c’est plus fort que moi, grâce à vous je prends le risque d’ajouter une pincée de sel dans ce quotidien terne. Comme une tortue bien protégée par sa carapace, habituellement je suis très timide. J’appréhende votre réponse… attendez… je vous en supplie… laissez-moi m’expliquer un instant, juste un instant… C’était plus fort que moi, j’ai éprouvé une sorte de flash, soleil ardent vous magnifiant, telle une danseuse étoile éthérée, alanguie sur sa balançoire fleurie, troublée subtilement par la brise matinale… Oublions notre quotidien, rêvons de concert, imaginons nos téléphones déchargés, ils ne pourront nous empêcher de rêver. Même le matin, surprise votre sèche-cheveux en main, comment vous résister… Pourquoi me laisser aller ainsi ? J’avance vers vous… Incroyable… vous ne me repoussez pas et avancez même d’un pas… Irrésistiblement nos visages se sont rejoints, certes maladroitement, mais quel éblouissement ».
…Instants magiques, êtes vous réels ou sortis de notre imagination ?
28-10-2025 / Attention ! Et si...
...on arrêtait de se tirer dessus, cher ennemi, même un instant… L’odeur de la poudre à force devient lassante émminemment trop présente. Le canardage est certes une activité passionnante, on attend de nous qu’il soit le plus ravageur possible. Donc très attentivement nous nous ciblons mutuellement. Mais nous sommes entre nous … les gradés au loin bien abrités… On pourrait au moins tirer en l’air, le bruit de la guerre sans vraiment la faire leur suffirait peut-être ? Tu pourrais me dire ton nom, me résumer ta vie. Avant que je ne te trucide avec ma lunette de visée, nous pourrions deviser ? Fusil d’assaut étasunien contre ta Caraquichauffe au chargeur recourbé chacun sa technique certes mais la finalité tu en conviendras aboutit pour nous au même trauma. Bien marcher au pas pour aboutir au trépas. Donc tu te nommes Yodan. Pour ceux qui survivent que vous donnent-ils à manger ? Ah oui, du smorch, vous avez ainsi l’impression d’être dans votre Austracie au lieu du fin fond de notre Normandie. Pour nous une barquette Lidl pleine de riz avec un litron de clairette de Die pour nous ouvrir l’appétit et tout est dit.
Nos canons qui tiédissent maintenant ne reflètent-ils pas une légère érosion de nos patriotismes ? Se tirer dessus ainsi dans un champ de salsifis un peu riquiqui crée une certaine intimité… Tu sembles hésiter, que dis-tu maintenant… nous pourrions nous tirer ? Je vois que tu es francophone mais se tirer peut avoir un autre sens équivoque… Ouf ! Non, je respire tu veux dire carapater, calter, cavaler… dé-ser-ter ?… Oh le vilain dernier mot qu’en penseraient nos généraux ? Laisser notre chantier génocidaire en plan ? Bon je me lance je tire tout un chargeur en l’air, à ton tour, de deux crétins nous avons l’air… Comme si nous fêtions une grande victoire. Quoique…peut-être la victoire de la vie sur la mort… Sans doute pas la fin de nos déboires mais une petite lueur d’espoir ?
Partir au milieu des tirs nous fait déglutir. Nous rampons le long de fossés remplis à ras-bord sans s’attarder. Il nous faut se carapater, ne rien regretter… Au fait où aller se planquer ? Il est bien temps d’y penser ! Quelque bonne ferme avec une accorte normande pour nous border ? Arrête de plaisanter Yodan ce n’est pas le moment c’est aussi certain que je me nomme Gontran. Tu n’as pas de copine, de toutes façons elle serait trop loin. Dans mon cas, si on s’en sort je te présenterai Lolita. Je te vois tout courbaturé je suis certain qu’elle te remettrait vite vraiment vraiment parfaitement d’équerre plus que tu pourrais l’imaginer… elle est masseuse et a des doigts de fée… C’est dans son salon que je l’ai vue la première fois, elle m’a parlé avec ses mains… Arrêtons de rêver le soleil va bientôt se coucher il est temps de disparaître à la fois de cette scène de guerre improbable et surtout de ce fichu cauchemar que je viens d’oublier en me réveillant.
Bonjour Gontran ? Oh…Gontran ? tu te réveilles ? Gontran !
Bonjour Lolita chérie, dans mon sommeil je faisais un rêve et à la fin je pensais à toi. Mais juste avant un vrai enfer ! Quel plaisir de réaliser au réveil qu’on va sortir d’un cauchemar….. Au fait, comment il s’appelle ce nouveau client dont tu me parles souvent ?
Yodar mon chéri il est tellement content de mes services qu’il a reporté son voyage de retour pour l’Austarcie…
25-10-2025 / En suivant les chemins
Monsieur Wolf gambade au long des chemins
Il s’agit pourtant de trajets pour les hommes
Très pratique pour s’orienter c’est un gros malin
Cheminement paraissant curieusement incertain
S’orientant pourtant vers des horizons lointains
Trottinement trop irrégulier se voulant maladroit
Mais… petit coup d’œil acéré à gauche… à droite…
Indolence cachant la vigilance, tactique adroite
Elégance sans outrance hypocritement benoîte
Monsieur Wolf a une allure discrètement fière
Nulle graisse du collet aux pattes arrière
Eternel randonneur aux reins de pierre
Belle fourrure ondulante, tunique altière
Il semble rêvasser, l’air détaché
Ne l’imaginez pas déconcentré
Car quelque poulette trop délurée
Pourrait bien in fine être dégustée
Il fait peur car trop insaisissable
intelligent donc insupportable
Supériorité humaine critiquable
Donc haine incommensurable
Monsieur Wolf est bien trop malin
Rodeur de minuit dans votre terrain
Apeurant quelque inutile gros chien
Tout en commettant un cruel larcin
Il faut subir cette sournoise présence
C’est toujours lui qui mène la danse-
-de troupeaux livrés à la providence
Gérés avec une fatale inconstance
Monsieur Wolf parfois rejoint quelque bande
Hautains prédateurs du fin fond de la Lande
De la chair fraîche toujours en demande
Attaque de troupeau mortelle sarabande
« Viens mon p’tit loup » lui susurre une belle femelle
« Ne cherche pas ailleurs c’est moi la plus belle »
Que nenni ma ma jolie louve je ne serai jamais fidèle
Seul sur les chemins des humains… ma vie est trop belle;
25-12-08 J’ai vu ses yeux
J’ai vu ses yeux… éclair fugace qui m’avait pourtant happé… un fin visage éblouissant au milieu de la multitude. Le night club bombardait le public d’éclairs stromboscopiques tel un phare au dessus d’une mer humaine ondulante. Clic je la voyais… clic je ne la voyais plus… « This is the Rhythm of the night »... jerk cool de rigueur, un peu snob sur les bords... Clic je lui souriais… et... clic... il me semblait bien... oui oui... qu’elle me souriait aussi…Oh là-là chaleur !.. Les baffles grondants créaient une barrière sonore enkystant chaque participant au plus profond de son ego… Isolés dans un groupe... curieux concept… Mais moi je n’étais plus seul j’avais entrevu de nouveau sa fine silhouette, promesse de chaleur et douceur, j’aurais tant voulu la connaître, humer son parfum... Je m’approchai prudemment, emmêlé dans cette mêlée se voulant chorégraphique. J’avais tout de même pu me régaler de cette vision délicieuse plus longuement... Elle semblait se diriger dans ma direction, n’était-ce qu’une impression ? Subtile illusion ? Timidité omni présente, peur de s’engager ? Certains avaient l’alcool voire d’autres substances pour oser… Eclairs de sunlights, et de nouveau merveilleux clair de femme, regards plus appuyés, elle évitait superbement quelque bellâtre qui tournait autour d’elle, mouche gominée vite oubliée… Ainsi allait la soirée. Le rythme de la nuit, éternelle incertitude entre imaginaire et réel, étais-je vraiment sur la sellette ? Celui qu’on attendait, espérait, voire désirait et qui n’osait pas ? En tout cas ce soir-là dans mon regard il n’y avait qu’elle, écrasant par sa beauté tant d’ombres inconséquentes. De retour devant la minuscule table j’avais saisi lentement mon Gin fizz-alibi, clôturant une séquence suave mais hélas fugace… Fraîcheur de la boisson pour une gorge sèche...
Soudain, surgie de la multitude sombre, attirant tout regard masculin deux jolies jambes minijupées, tout près, nouveau sourire un peu rosissant, elle s’est imperceptiblement inclinée vers moi, la main devant la bouche en un charmant porte-voix m’indiquant sans conteste que c’était bien moi qu’elle questionnait doucement…
Vous me laissez une petite place ?
Je vous en prie avec plaisir. Que souhaitez-vous comme boisson ?
J’essayais de ne pas bredouiller après avoir sournoisement dégagé, aidé par la solidarité masculine, un espace sur la banquette tout contre moi ... hop-hop-hop...pas trop large tout de même... profiter au maximum...
Chaleur de deux êtres collés l’un contre l’autre... comme par mégarde... Un cocktail sans alcool plus loin, elle me regardait par dessus son grand verre qu’elle sirotait lentement, cette fois-ci tout de même un peu ironiquement. D’office le tutoiement s’imposait à quoi bon finasser. Les visages étaient obligés de se rapprocher pour communiquer, vu le bruit de fond.
J’ai l’impression que tu es timide alors… j’ai fait le premier pas… Même si je n’ai pas l’habitude, cela aurait été dommage de juste se croiser, tu ne trouves pas ?
Oui je suis idiot, je t’avais remarquée aussitôt, je n’arrivais pas à y croire...
Plus tard sortie du night club du casino main dans la main le long de la forêt de mats du port de Royan. Les drisses tintinnabulent au vent de la nuit, sa longue chevelure brune frémit. Fin liseré d’écume blanche plus loin, le long de la grande conche... Ma douce Cendrillon hélas devait reprendre son carrosse, la longue berline de ses amis attendait au bout du parking... Retour pour elle à Jonzac, moment de séparation, baiser délicieux, limite licencieux. Dans ma poche je malaxais le papier sur lequel elle avait écrit son prénom et numéro de téléphone de son écriture fine. Devant nous le visage de la bonne copine apparaît derrière une vitre de la voiture souriant vers nous d’un air complice.
Alors à demain soir ? Sans faute hein ? Nous avons encore des choses à nous dire... On ira se promener vers Saint-Palais, sur le chemin côtier qui est si joli, je prendrai ma voiture... Joli certes, me dis-je, mais avec tant de petites grottes, paravents complices de tant d’amoureux...
Claquement de portière, bras tendus, feux qui disparaissent à l’horizon, tout va si vite, il faut s’accrocher pour suivre le rythme des nuits d’été... Le lendemain porteur de promesses, à l’image de notre jeunesse, fut encore plus beau...
26-01-13
Elle reste indéfiniment posée sur une étagère du bureau de Gontran… Une jolie lampe à pétrole chinée au vide-greniers du Haillan et achetée à une asso des sciences ésotériques, magnétiques, divinatoires et herboristico spatiales gérée par des mains occultes… Un petit orifice, au dessus de la lampe reste éternellement béant vers on ne sait quelle sorcellerie. Ce matin-là, Gontran, en train de lire « Voici » dans son gourbi, canette à la main, héberlué, voit une petite fumée blanche. Il la suit du regard jusqu’à son origine et aboutit bien entendu à la petite lampe… Quec’estquectruc ? Il croit rêver lorsqu’un minuscule ventre rond bien dodu, tout mignon apparaît dans le petit orifice. Il se tortille, n’arrive pas à sortir et puis « plop » un joli génie aux fesses roses enfin libéré jaillit devant lui.
Salut à toi éternel mécréant, pour te convaincre de la vie paranormale j’ai été missionné par mes franchiseurs haillanais pour t’offrir, vu que nous sommes en période de soldes, une journée dans la peau, fraiche ou non, de qui tu voudras ! Alors, presse-toi de choisir ! Je n’ai pas que ça à faire je dois aussi téléporter un nouveau candidat pour les futures élections ! Et comme il a un corps hyper rigide cela va être compliqué pour le faire sortir de la lampe ! …….Alors, tu me dit qui ?
Heeeeeeu ah oui, j’aimerais être… Picasso, oui Picasso, moi qui ne sais pas dessiner quelle revanche, même durant une journée !
Moi je préfère Cantona comme peintre mais c’est comme tu veux…
Gontran se sent littéralement aspiré sur l’étagère vers le petit orifice au milieu de la même fumée que précédemment, lui aussi doit se tortiller pour faire passer ses abdos Kronenbourg et puis « plop » un long couloir blanc et au bout la lumière du jour. Il pénètre timidement dans un atelier rempli de tableaux surréalistes merveilleux du grand Pablo…
Une palette couverte de couleurs vives mélangées lui attire irrésistiblement les mains, vite vite, il faut qu’il crée, l’inspiration le submerge, il ne peut résister à son appel. Ensuite il ira s’occuper de Dora Marr sa muse actuelle. Oui patience il va lui offrir une sacrée soirée, il dressera le chapiteau ce sera le cirque à Marr !
Vu l’actu il sait qu’il ne peut que peindre fiévreusement dans l’esprit de Guernica, hélas il y a plein de nouveaux massacres dans le monde, lequel choisir ? Les nazis germano-italo-espagnols c’était du bricolage avec leurs trapanelles à hélices pour bombarder. Artisans certes besogneux mais limités techniquement. Depuis la mort peut se distribuer bien plus généreusement à l’abri, bien au chaud dans un bureau avec un simple joystick. Evidemment Gaza, aussi Israël et Homs en Syrie là-bas ça a bien dérouillé aussi, pour rester dans les tons sable un tour en Somalie. L’explosion de couleur et de douleur inspiration icones russes pour les champs de ruines ukrainiens… Bon il y en a d’autres mais déjà comment choisir ? Finalement il pose une immense toile sur le grand chevalet et décide de faire une sorte de mix des massacres dont il vient de faire le sinistre inventaire. La main s’active sur le pinceau, les couleurs à dominante rouge… sang magiquement se complètent, les formes déchirées s’entrecroisent, ça part dans tous les sens, les sangs ainsi mélangés, amalgamés, synthétisés et surtout bien entendu magnifiés par l’artiste.
Un dernier regard circulaire vers la nouvelle œuvre magistrale réalisée pour les générations futures… Espérons qu’il y en aura….. Hyperactif sans même quitter ses habits maculés de peinture le grand Picagontran de son pas énergique se dirige maintenant vers les appartements de Dora Maar…
Doranette prépare-toi vite, j’arrive, je viens me détendre un peu !
Une journée cela passe vite mais attirant les regards dans l’atelier il restera à jamais un nouveau chef-d’oeuvre avec une non moins mystérieuse signature devant laquelle les experts s’étonneront éternellement « PicaGon ».
04-10-25 Lettre à un inconnu (réponse)
Cher inconnu, les effets bénéfiques du siphon, bien connus chez Jacob… Delafon, ont permis que votre bouteille atterrisse au fin fond de notre plat bassin arcachonnien, curieux destin. Pour vous répondre, depuis la plage du Maiiinboooo, stylo Mont-Blanc en main, la chance a voulu que mon sac de plage bobo en vieille peau contienne quelque frontignan de Margaux que j’ai consommé aussitôt. J’y ai ensuite glissé le feuillet en vélin artisanal que vous lisez, j’espère en le manipulant avec soin. Le siphonage bénéfique de la marée envoyant vers vos plages tout-venant nos aristocratiques déjections jouera, je l’espère de nouveau son rôle en … expulsant cette bouteille-réponse. Comme convenu le découvreur la déposera à l’endroit que vous avez indiqué au pied d’un rocher particulier dans l’espace dit « des culs nuls » comme vos dites…
Bref, en plein sur le Maiinboo, plage à la page, écrin de tant de personnalités, votre bouteille a eu de la chance de tomber sur moi. En ce lieu exceptionnel même les enfants ne font pas de vulgaires pâtés de sable mais des œuvres d’art délicieuses, gages de destinées fructueuses. Les marchands proposent de délicates friandises élaborées par de prestigieux confiseurs bordelais. Loin de vos immondes beignets dégoulinants de Nutella.
Etonnant tout de même… malgré leur rusticité, vos écrits sont pertinents, je cherche moi aussi l’âme sœur… et surtout pas frère comme vous osez le suggérer. Dans un environnement social antinomique avec celui de certaines plages (je m’interdis vous vous en doutez d’employer le terme aborrhé « les grèves » pour les désigner) loin de l’univers sordide que vous évoquez…oui cher ami ici on mate, certes, mais avec discrétion, donc distinction. Pour employer votre langage et arriver à me faire comprendre mes visées concernent (donc sic) quelque bourge bien friquée mais tout de même subtilement délurée qui ferait ma tasse de thé (bien sûr sélectionné).
Le soir, chez Hortense, avec mon ami M Martelote, notre émir des sables instables, nous menons la danse. Nous chantons mélodieusement son hymne « Ma digue du cru les a convaincus hu De Nantes à Montaigu, ma digue ma digue, de Nantes à Montaigu ma digue du cru les a convaincus ».
Quelque jolie gisquette, observant ma belle… requête ne me laissera pas longtemps à la diète. Donc effectivement un hasard taquin veut qu’en plus de notre échange improbable nous ayons les mêmes aspirations. La coïncidence, vous en conviendrez, s’arrêtera dès l’emploi du mot « dis-tin-ction. Il ajoute un plus comparé à votre triviale satisfaction devenant dans mon cas subtile sensation.
14-10-2025 Rimes avec « Serge »
Des mots sulfureux, vers Serge bizarrement… con… verge (convergent)
Assez ! Tu dois redevenir sérieux pour quitter la berge
Triture les mots via un maillage oblique que l’on dit sergé
Pour contourner l’opprobre soit hypocrite, devient Saint-Serge
A l’autel de l’humilité tu dois impérativement brûler un cierge
Sinon, avec tes écrits tu n’es pas sorti de l’auberge
Depuis des mois d’ailleurs une asso d’écrivailleurs t’héberge
Libère-toi tu vas finir par devenir leur concierge
Tu restes-planté là comme une grande asperge
Lorsque tu baragouines avec eux aucun surtout aucune ne dit verge
Arrête donc, Don Quichotte de la Jalle de brandir ta flamberge
Avec tes crabouillages tu salopes une immensité de pages vierges
Lorsque tu griffonnes on craint le pire de ce que tu gamberges
Ecoute donc ce conseil il est encore temps deviens faux derge
Dernier avertissement… réagis… avant que la fatuité ne te submerge
Les Utopiennes,
bibliothèque municipale du Haillan
1ER octobre 2025 / 1er octobre 2044, en direct du cyber laboratoire aseptisé de la Lubi, Rooftop psychedelique avec vue somptueuse sur un environnement d’une perfection insolente.
Résilience… Rebondir… Eden, utopie, bonheur. Un avenir prolifique, une destinée magnifiée, embellie, laisser un héritage positif, fertile, humain, humaniste, égalitaire, donc solidaire, porteur d’espoir pour le futur tout en laissant des traces positives de son passage sur cette terre. Des richesses pour tous via la décroissance (pour les plus privilégiés)… La résilience est fluctuante selon les latitudes.
Décroissance, égalité, bonheur
▲L’égalité, un combat éternel via le partage, donc impliquant pour nous la décroissance…. Utopie absolue vers un effort sans fin, orientation à la fois vitale, humaine, sans cesse à améliorer, affiner, adapter vers la perfection qui en tant qu’idéal ne peut être qu’une direction. Constante variation de la donne en fonction de la démographie, des sciences et découvertes incessantes.
▲La résilience c’est pour moi essayer de sortir constamment de l’ornière le long d’un chemin sans fin…
La propriété collective davantage développée.
▲Chacun son quart-d’heure de gloire (Andy Warhol). Monopoliser l’attention générale, même quelques instants, avoir le sentiment d’apporter quelque chose au plus grand nombre, se réaliser brièvement à la puissance cent mille…
▲Remise en cause de la compétition, base pourtant essentielle de la société actuelle… à ce titre utopie absolue hélas.
▲Aucune barrière pour la sexualité tant qu’elle est partagée librement entre adultes.
▲Encourager la créativité tous azimuts, hors des critères, stéréotypes, conventions encore bien ancrés, musique, peinture, graphismes, sculpture…
Notion du beau revisitée vers des horizons nouveaux, sortir du tabou du hors-normes…
Travailler mais uniquement dans l’optique d’un loisir librement choisi.
Mécanique, machines, objets mobiles d’une fiabilité éternelle, sans usure ni pannes…
Rimes : quand on aime on ne compte pas, tout cela pour écrire que je rédige « à l’oreille » comme cela vient…
Le son enfle, vibrations ondulatoires. La guitare s’égare sans crier gare… Grondements suivis d’accalmies, à l’image de la vie. Le musico se laisse aller buvant son calice acoustique jusqu’à la lie… Univers métallique pour une issue psychedelique plus électrique qu’éclectique. Cri primal musical pour un festival spatial.
8 octobre 2025
Envies du jour : ▲Relire un texte génial produit lors d’une séance de travaux d’écriture ;
▲Regarder pensivement une gigantesque sculpture réalisée à l’aide de voitures thermiques désormais inutiles ;
▲Me promener longuement dans une ancienne caserne. Immensité transformée en paradis culturel.
Créations de groupes nostalgiques de « l’avant » pratiquant l’écriture à l’ancienne, portes-plumes en main.
Tu dit « forêt » et les arbres te tombent dans les bras ;
Tu dit « idéal » tu risques aussitôt te sentir mal ;
Tu dit « écologie » et aussitôt va dénoncer ton voisin dans son jardin, vu sa grosse tronçonneuse à la main ;
Tu dis « élitisme » instantanément ton ego va devenir bien plus gros ;
Tu dis « pacifisme » mais aussitôt ajoute « notre société sera pleine d’amour ou je cogne » ;
Tu dis « égoïsme » et va donc garder tes pensées, idées pour toi ;
Tu dis « racisme » et aussitôt essaie de trouver une personne de couleur afin de te tester.
Rédaction d’une lettre à l’intention d’un résident de 2044 :
Mon ami je ne puis que te donner cet avis il te faut, il vous faut tenir. Le temps est de votre côté. L’Homme a toujours su s’adapter. Ce combat que vous ébauchez dans la douleur, certains avec vigueur d’autres avec tiédeur va finir par être enfin gagné. Petit à petit l’écologie fait non nid. Consommation réduite certes mais qualité de vie induite. Effet boule de neige de grandes découvertes pour une ère verte sans disette. Nous, nous sommes donc en 2044, rejoins-nous quatre à quatre.
Que t’écrire d’autre ? De l’incrédulité que nous éprouvions lors de cette grande mutation nous avons évolué vers cette société idyllique, délicieuse réalité porteuse de tant de bienfaits. Créer, s’adapter, lutter, partager, tolérer, pacifier, soigner et encore et toujours rêver pour avancer.
Voici cette lettre, feuille de route que je te propose. Ne tardez pas à nous joindre afin que je puisse cesser de vous plaindre. Tenez bon, jamais cesser de progresser, même avec des à-coups je vous garantis que ça va payer.
18-11-2025 / Automne promesse de renouveau... Jeu d’écriture entre nature et haute couture
Ben oui, les feuilles s’étiolent, la nature se patafiole,
même si rien n’affriole ne pas pour autant se tourner vers la picole !
C’est ainsi… dame nature décide comme toujours…
Mise à jour des végétaux, éco-nettoyage pour la prochaine saison…
MAIS… cependant… vérifiez vos sunlights la « vegetaichon week » 2026 se prépare avec ses nouvelles tendances. Tadamdam ! Plantes ringardement démodées… ouh ! pouah ! à jeter ! celles de la prestigieuse collection « bouton Dior » subiront un « magnifaike » remodelage…
DONC… comme un rideau tiré sur les futures créations, la maison Naitioure recouvre notre environnement de belles couleurs, déclinaisons autour de toutes les nuances Havane. Progressivement les porte végétaux en bois naturels apparaissent vides, doigts tendus vers le ciel quémandant avec avidité les nouvelles créations qui les embelliront de nouveau. Juste un peu de patience pas besoin de traverser le Chanel pour la nouvelle manche, Coco tu vas te régaler lors de ce futur fashion springtime. L’imagination créatrice de Dame Natioure va t’ébouriffer avec de subtils buissons de fleurs fraîchement écloses amoureusement effleurés par M Bal à main. Avec une mignonne tu iras voir les roses à peine descloses et surtout leurs belle robes pourpres, qu’elles se plairont à comparer avec leur teint tout cela bien cachés au fond de ton jardin…
Patience automnale donc, de minuscules petites mains vertes s’affairent mystérieusement mais opiniâtrement. Cachées profondément les graines de talent de la nouvelle saison se développeront au bon moment. Celui du défilé de senteurs. Les Top modèles de coupelles, supports hébergeant de coquines plantes qui défileront, paraderont, se déhanchant sensuellement, plus que jamais dans le vent …
De partout les bruits de ciseaux des tailleurs printaniers retentiront dans les jardins. Ils façonneront le nouveau « staile », concours d’élégance, suaves flagrances. Tes voisines émerveillées viendront admirer la présentation de tes dernières créations, Taille haute ? OK clic clic ! Basse ? Ok clac clac ! En long ? Bzzzzzzzzz ! Ou en court ? reuh reuh reuh ! C’est le moment de lancer la mode, on aura le choix.
Prend donc patience toi qui peste automnalement sur les trottoirs glissants encombrés de feuilles gluantes salopant tes luxueuses et onéreuses Berluti. (avec un ton «aristocrate») Mais que fait la mairie ! Il faut souffrir pour que la nature soit de nouveau belle. En attendant n’oublie pas de lubrifier ta tondeuse, affuter tes cisailles et ratisser les scories de la saison précédente.
Mardi 2 décembre 2025 /
Thème "Bertrand voici Victor"
Bertrand, voici Victor un copain dont je t’ai parlé la semaine dernière. Il est commercial dans une start up consacrée à la conception et fabrication de vélos électriques de pointe. Vu que le sujet t’intéresse on ne sait jamais…
Bonjour Bertrand. J’irai droit on but, nous proposons à la vente à des acheteurs privilégiés et donc sélectionnés comme vous une machine qui va révolutionner les déplacements urbains. Jusqu’ici vous lambiniez sur la route dorénavant vous allez littéralement planer.
Salut et fraternité Victor, planer dites-vous, oui mais attention à l’atterrissage !
Il se fera en douceur cher monsieur, en douceur. Nous sommes dans la sophistication, un autre univers, grâce à l’intelligence artificielle et notre savoir-faire. Nous avons déjà équipé la ville de Loudrignac dont on connaît l’intérêt pour les nouvelles technologies. Imaginez, vous vous installez, un tour de cyber clé de contact et…… Gontran m’ayant indiqué vos préférences…… une jolie voix féminine vous demandera votre destination. Une fois que vous aurez répondu à cette question vous allez, sans le moindre effort, démarrer progressivement jusqu’à la vitesse de croisière de 90 km/h. Ne riez pas c’est possible même sur un parcours semé d’obstacles. Le fouinozoff à tête chercheuse de cette merveille va contrôler votre guidon et vous diriger en un harmonieux ballet cycliste. Virage à gauche ? et hop !, virage à droite et hop ! tout en souplesse, freinage efficace bien que progressif. Vos pédales en fait se transformeront en cale-pieds, le guidon va s’abaisser automatiquement pour vous faire prendre la position aérodynamique des coureurs professionnels. En quelques instants vous arriverez à destination. Un détecteur de radars automatiquement rendra votre vitesse conforme aux limitations. Deux haut-parleurs encastrés diffuseront la musique classique que vous aimez. Ainsi les passants également pourront en profiter. La puissance du son leur permettra également d’éviter de se faire renverser.
Mouais… mais ça doit consommer un maximum d’électricité votre machin ?
(à voix basse) Non non Bertrand, beaucoup moins cher que vous pouvez le penser, cela doit rester entre nous car cette autre technique est confidentielle : lorsque vous vous garerez à proximité du coffret du compteur Linky dans le muret d’un riverain une prise spéciale vous permettra discrètement de vous brancher dessus… et rechargera ultra rapidement votre batterie. (voix haute) Nous avons tout prévu, même les imprévus.
Je suis tout de même surpris, et… question prix ? J’imagine que cela ne doit pas être donné…
Là encore aucun problème, il suffit que vous rentriez vos coordonnées bancaires sur notre site et vous serez facturé à un prix d’ami en fonction de vos déplacements… Je vous garantis que vous allez être surpris… et même très très très surpris… Si vous signez ce contrat vous partez directement avec cette merveille.
Ouais ouais ouais (ironiquement) je vais tout de même réfléchir, une autre société propose des vélos qui en plus sont télescopiques et se replient comme un parapluie ce serait pratique lorsque je vais à la Sablière.
Bon, (ton un peu pincé) c’est vous qui voyez, si vous changez d’avis vous pourrez le dire à Gontran, au-revoir monsieur.
(à voix basse en colère) Ah il s’en va… Gontran écoute-moi bien, à mon tour de te faire une proposition. Moi je connais un gars qui vend des stylos qui clignotent si on veut te faire signer une arnaque, tu vois ce que je veux dire... Ne me refait plus jamais ça !
6 janvier 2026 / Souvenirs de Noël...
Des lumières partout au dessus et autour de moi… Les murs blancs immaculés de la grande maison juste construite les mettaient en valeur. Le long lustre de mes grands-parents, les appliques, les bougies de l’immense sapin, pour un enfant qui trainaille dessous, illustrent la grandeur de l’univers par rapport à une petite taille… Même mon petit frère du fond de son berceau a le regard qui s’illumine à la vue de tant de choses brillantes. Les adultes parlent fort, sourient, rient, je piste mon cousin Jean-Bernard qui jouait le rôle de mon grand-frère. Il me chuchote à l’oreille :
Une fois qu’on aura ouverts nos cadeaux on ira jouer derrière la maison.
Ce matin du 25 est encore pour moi mystérieux, en tout cas inhabituel. Le déballage des cadeaux, les cris, la découverte des nouveaux jouets, c’était un grand moment. Ceux qui nous intéressaient le plus, nos revolvers en plastique doré dits de cow-boys, leurs ceintures avec étui et surtout les nombreuses boîtes d’amorces allaient faire nos délices.
Pssst ! me fait mon cousin en milieu de matinée. On dirait maintenant lourdement armés nous nous éclipsons dans la rue. Une ville toute neuve, même pas finie de bâtir, c’était tout de même étonnant. Plein de grues, d’échafaudages. Un énorme coquillage de béton prend forme, le futur marché et surtout la cathédrale enserrée de grues et de tubes qui se profile au dessus de la rue.
Juste derrière la maison familiale à perte de vue des baraquements vides en bois rappelant furieusement, pour notre imaginaire, un village du far-west. Dans ces anciens refuges de sinistrés, nous, l’espoir du futur, voulons tout de même jouer encore et toujours à ce qui ressemble à une guerre…… D’autres minots eux aussi équipés « direct sapin de Noël » nous rejoignent. D’un seul coup, énorme pétarade de pistolets à amorces. Etincelles, fumée bleue, de nouveau une odeur de poudre dans ces lieux martyrisés jadis. Abrités derrière une paroi de planches, nous progressons vers l’ennemi lui aussi retranché un peu plus loin, tous l’arme au poing. Qu’est-ce qu’on s’amuse !
Moi, Pécos Bill, progresse précautionneusement le long d’une longue guitoune en bois vermoulu, opportunément vide. Je pointe soigneusement mon long Colt Pacemaker chromé vers mon vieil adversaire de toujours, Hopalong Cassidy, lui aussi en position de canardage intensif. Je le peacemakérise sauvagement : Bang bang bang ! Simultanément Buck John, mon intrépide cousin, flingue impitoyablement Kit Carson via sa carabine Winchester rutilante et surtout pétaradante.
Au bout d’un moment des voix familières d’adultes nous hèlent depuis le bout de la rue. Ah ouais…pfffffff, il y a le repas de famille. Prestement nous nous replions, tout en continuant à tirer, vers le ranch familial comme le font de l’autre côté de la rue nos adversaires, petits voisins cow-boys…… et indiens.
Finis les coups de feu car obligés par les adultes de déposer notre armement à l’entrée du saloon familial, c’est la règle du Far-west alors… Le repas de Noël peut commencer. Bien sûr il n’y avait que le dessert qui nous intéressait parmi les victuailles qui défilent sur la table du salon. Les grands parlent, histoires autour de la guerre, difficile d’oublier même quelques années après… Mon oncle René et mon grand-père Ernest étaient tous deux des marins aussi leur conversation attirait notre attention, même si on n’y comprenait pas grand-chose. Le clou du repas c’était deux gros homards, apportées par mon oncle Gilles, comptable dans une grande poissonnerie proche du Front de mer. Malgré son habileté professionnelle, pépé Ernest dut batailler pour ouvrir les gros crustacés remplis de chair blanche délicieuse. La « sauce à l’américaine » était la spécialité de mamie Hélène, même pour nous c’était vraiment très bon. Je découvris bien plus tard qu’il s’agissait d’Armorique au lieu d’Amérique mais nous n’étions pas à ça près.
Ainsi se déroulaient ces fêtes, à travers des bribes de souvenirs qui sont maintenant précieuses. Je réalise en écrivant ces lignes que tous les participants sont maintenant disparus… sauf moi et mon petit frère alors bébé… Baby boomers porteurs partiels du vécu et souffrances de nos anciens, avons-nous tenu honorablement notre rôle ? Mais ça, c’était une autre histoire dans laquelle nous allions entrer…
26-01-27 / C'est décidé je vais devenir une vedette de la chanson
Ce soir séance de télé-canapé. Solitaire comme moi, que faire d’autre durant les longues soirées d’hiver ? Semi-allongé, zapette en main, bière posée sur le sol tout près, amuses gueule dégoulinants de sucre et conservateurs déballés, je ferme soigneusement ma robe de chambre en m’attardant longuement sur chaque bouton pour retarder la fatidique échéance : Que regarder ce soir… sur mon visage déprimé, un rictus amer trahit mon enthousiasme pour la soirée qui s’annonce.
Que regarder ? je fais défiler d’un doigt blasé les chaînes sur l’écran via le portail numérique. Ah oui, Targui et son émission Tra la la tsoin tsoin, de la chanson en live, je regarde on ne sait jamais.
Ça y est, ça démarre enfin… Euh… Qui c’est celui-à ? Ah oui… Calimero ? c’est le cas de le dire il sort de son œuf… C’est chanter ça ? Non c’est fredonner… » (bétifiant) « là là là » et bé mon gars tu n’es pas sous ta douche il y a du monde qui écoute… mon dieu mon dieu…
Ouf ça passe à une autre… donc elle se nomme Lourane. Elle prend l’air inspiré en chantant des fadaises… Continue de prendre du tour de taille tu finiras peut-être à avoir le souffle d’une diva !
Bon… Suivante ! Ah Clara Rabian… Ok tu l’aiiiiiimes, mais ce n’est pas en voyant ton aluette qu’il va craquer essaie de lui faire voir autre chose… pfff de mieux en mieux. MaisTargui où vas-tu les chercher ?
Et là… qu’est-ce-que je vois ?.. là je crois qu’on a le top, quel nom il a ce blondinet aux longs cheveux bouclés ? Pain doré ? achete un grille pain pour te réchauffer !…Il susurre quelle chanson ? « Mourir sur scène ? » c’est pas pour demain Pain doré vu l’énergie que tu déploies sur le plateau tu vas finir centenaire.
J’en peux-plus encore une chanteuse Nowege Larene ah elle est bretonne et veut chanter des classiques celtes… Eh be, Alan Stivell, Tri Yann votre patrimoine sonore est en danger ! Les sœurs Goadec… au secours…ou que vous soyez !
Ouf, on approche de la fin… Un chanteur canadien, en général ils sont bons, Chargebois Gilles Finaud c’étaient des bons…celui-ci va-t-il tenir la route ? Voyons-ça… Garoloup c’est son nom, un Quasimodo avec une voix éraillée comme les charnières de la porte de Notre-Dame ? tu as bobo à la gorge ?.... Gilles Finaud… si tu m’écoutes… vu que … « You went to the market votre petit panier sous votre bras »… n’oubliez pas les tomates !
Ah un duo est annoncé Qui va faire Esmeralda dans le duo… avec Pain doré ?... Lourane ? C’est pas vrai…
Bon je vais me réapprovisionner en cuisine, pause, stop, temps mort, assez !. Ah j’ai des sablés bretons… non non non ne plus penser non plus à Nowege Larène….
Heureusement j’ai un autre pack de Grotambourg… Donc pour la fin de l’émission un hommage à Balle d’avoine…OK je m’en doutais ce sont les mêmes qui reviennent sur le plateau mais moi paf paf (avec la main) je vais sur Canal plus voir sur Arte ce qu’il y a…
Ce n’est tout de même pas si difficile de chanter correctement, Targui cherches mieux, ressaisis-toi !
C’est certain même moi je chante mieux qu’eux et sans me forcer. Dans mon groupe vocal « Voices of east Bacalan » tout le monde aime m’entendre… En voyant ça… par comparaison pourquoi-pas, je vais passer des auditions… C’est décidé je veux devenir une star de la chanson… après ce que j’ai vu il n’y a pas de raison ni aucune déraison de passer dans une émission sans compromission et surtout avec acclamations !.